Salaire ou dividendes : comment se rémunérer quand on dirige sa société
Il n’y a pas de réponse unique : le bon dosage dépend de votre statut (président de SAS ou gérant majoritaire de SARL), de votre imposition personnelle, de la protection sociale que vous voulez, et de ce que la trésorerie de la société peut supporter. Le salaire coûte des cotisations mais réduit l’impôt sur les sociétés et ouvre des droits ; le dividende sort après impôt sur les sociétés et n’ouvre pas de droits. La plupart des dirigeants combinent les deux, et le chiffrent chaque année.
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Ce qui distingue les deux
| Critère | Salaire (rémunération) | Dividendes |
|---|---|---|
| Pour la société | Charge déductible : il réduit le bénéfice, donc l’impôt sur les sociétés | Versés sur le bénéfice après impôt sur les sociétés, s’il en reste de distribuable |
| Prélèvements | Cotisations sociales, puis impôt sur le revenu | Prélèvement forfaitaire unique (dit flat tax) ou, sur option, barème de l’impôt après abattement de 40 %, plus les prélèvements sociaux |
| Protection sociale | Ouvre des droits : retraite, prévoyance, indemnités selon le régime | N’ouvre aucun droit |
| Régularité | Versé chaque mois, prévisible pour vous comme pour la société | Décidé une fois l’exercice clos, selon le résultat |
| Trésorerie | Sortie mensuelle, cotisations le mois suivant | Sortie en une ou plusieurs fois, souvent importante |
Votre statut change le calcul
- Président de SAS ou SASU (assimilé salarié) : la rémunération supporte les cotisations du régime général, élevées mais protectrices. Les dividendes ne supportent que les prélèvements sociaux, sans cotisations : c’est ce qui rend le mélange salaire et dividendes intéressant.
- Gérant majoritaire de SARL ou d’EURL à l’impôt sur les sociétés (travailleur non salarié) : les cotisations sur la rémunération sont plus faibles en proportion. En revanche, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des comptes courants d’associés supporte les cotisations sociales des indépendants. Un capital faible rend donc les dividendes peu avantageux.
La méthode, en quatre étapes
- Partir du besoin : de combien avez-vous besoin pour vivre, chaque mois et sur l’année ? Le salaire couvre en général ce besoin régulier.
- Fixer le socle de protection : le niveau de rémunération qui vous assure les droits à la retraite et la prévoyance que vous voulez.
- Comparer le net en poche pour plusieurs dosages, à coût égal pour la société : un euro de bénéfice versé en salaire et un euro de bénéfice distribué en dividendes, après tous les prélèvements, ne laissent pas le même montant.
- Vérifier la société : bénéfice distribuable, réserve légale, et surtout trésorerie. Un dividende voté sur un bon résultat peut tomber au moment où la trésorerie est au plus bas, ou priver la société de l’argent d’un investissement prévu.
Ce qu’on oublie souvent
- Le calendrier de trésorerie : un dividende versé juste avant le paiement de l’impôt sur les sociétés ou une échéance d’emprunt peut créer un trou. Regardez le point bas de l’année avec le dividende, pas sans.
- La valeur de l’entreprise : un repreneur raisonne avec une rémunération du dirigeant « au prix du marché ». Se payer très peu gonfle l’EBE affiché, mais l’acquéreur le corrigera ; voir la valorisation d’une PME.
- La banque : des dividendes importants réduisent les fonds propres et la capacité de remboursement que regarde le banquier ; voir le prévisionnel pour la banque.
- Le long terme : laisser des réserves dans la société finance la croissance sans emprunt, mais ce cash n’est pas encore à vous.
Dans Streamiku, l’arbitrage se fait sur le prévisionnel tiré de vos comptes : le fichier que votre logiciel comptable exporte suffit. Vous choisissez votre statut (président de SAS ou gérant majoritaire), un salaire et un dividende par année, l’imposition au prélèvement forfaitaire ou au barème ; Streamiku recalcule l’impôt sur les sociétés, la trésorerie et la capacité de distribution, et affiche le net que vous percevez réellement, cumulé sur plusieurs années. Les taux sont des forfaits indicatifs, modifiables. Calcul dans votre navigateur ; essai sans compte.
Questions fréquentes
Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes ?
Cela dépend du statut, de l’imposition personnelle, de la protection sociale recherchée et de la trésorerie de la société. Le salaire réduit l’impôt sur les sociétés et ouvre des droits (retraite, prévoyance) mais supporte des cotisations ; le dividende sort après impôt sur les sociétés et n’ouvre pas de droits. La plupart des dirigeants combinent un salaire qui couvre leurs besoins réguliers et des dividendes selon le résultat.
Comment sont imposés les dividendes ?
Par défaut au prélèvement forfaitaire unique (dit flat tax), qui réunit l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux ; sur option globale, au barème progressif après un abattement de 40 %, plus les prélèvements sociaux. Les taux évoluent avec les lois de finances : vérifiez ceux de l’année.
Les dividendes d’un gérant majoritaire de SARL sont-ils soumis à cotisations ?
Oui, pour la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes laissées en compte courant d’associé : elle supporte les cotisations sociales des travailleurs non salariés. Pour un président de SAS, les dividendes ne supportent que les prélèvements sociaux.
Un dirigeant peut-il se payer uniquement en dividendes ?
C’est possible, mais il n’acquiert alors aucun droit à la retraite ni à la prévoyance par sa rémunération, et ses revenus dépendent du résultat de chaque exercice. Le dividende suppose aussi un bénéfice distribuable et une trésorerie suffisante au moment du versement.
Quand verser les dividendes ?
Après l’approbation des comptes de l’exercice, à une date choisie en fonction de la trésorerie : de préférence en dehors des mois où tombent l’impôt sur les sociétés, les échéances d’emprunt ou le point bas de l’activité.
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