Puis-je embaucher ? Simuler l’effet d’une embauche sur sa trésorerie
Vous pouvez embaucher si, une fois le coût complet du poste ajouté à votre prévisionnel mois par mois, la trésorerie reste au-dessus de votre seuil de sécurité pendant les mois où le poste coûte sans encore rapporter, et si le résultat le supporte une fois le poste en régime. Les deux questions se tranchent avant de signer, en testant aussi un décalage de deux ou trois mois.
Activez une embauche sur une entreprise réelle, ou sur vos propres chiffres, et regardez la trésorerie se recalculer.
Le vrai coût d’une embauche
Le salaire brut n’est que la première ligne. Le coût pour l’entreprise comprend :
- Les charges patronales, qui varient avec le niveau de salaire et le statut : nettement allégées près du SMIC, bien plus lourdes pour un cadre. Le simulateur de l’Urssaf les chiffre précisément pour un salaire donné.
- Les coûts annexes : la part employeur de la mutuelle, les titres-restaurant, le matériel, le poste de travail, les frais de recrutement et de formation.
- La montée en charge : une nouvelle recrue est rarement pleinement productive dès le premier mois. Pendant cette période, le poste coûte plein tarif et rapporte peu.
Un exemple simple, avec des charges patronales prises à 40 % du brut pour l’ordre de grandeur :
| Ligne | Par an | Par mois |
|---|---|---|
| Salaire brut | 36 000 € | 3 000 € |
| Charges patronales (40 %) | 14 400 € | 1 200 € |
| Coût complet | 50 400 € | 4 200 € |
| Ventes supplémentaires pour le payer, avec 40 % de marge | 126 000 € | 10 500 € |
Deux questions, deux réponses
La trésorerie tient-elle pendant le démarrage ?
Le salaire sort chaque mois dès l’arrivée, et les cotisations suivent le mois d’après. Les ventes que le poste doit générer, elles, arrivent plus tard, et s’encaissent encore plus tard à cause des délais de paiement de vos clients. Le creux se forme dans les premiers mois : c’est là qu’il faut regarder le point bas de trésorerie.
Le résultat le supporte-t-il en régime ?
Une fois la personne productive, le poste doit se payer : soit par des ventes en plus (voir la règle ci-dessus), soit par du temps libéré ailleurs (le dirigeant qui vend au lieu de facturer, une sous-traitance arrêtée). Si ni l’un ni l’autre n’est crédible, l’embauche dégrade durablement la rentabilité, même si la trésorerie la supporte.
La méthode, en cinq étapes
- Chiffrer le coût complet mensuel du poste : brut, charges patronales, coûts annexes.
- Choisir le mois d’arrivée réaliste, recrutement et préavis compris.
- L’ajouter au prévisionnel mois par mois, construit à partir de vos comptes, plutôt qu’en moyenne annuelle : le cash part chaque mois, et le point bas d’une activité saisonnière tombe sur des mois précis.
- Lire trois chiffres : le nouveau point bas de trésorerie et sa date, l’écart avec votre seuil de sécurité, et le résultat de l’exercice avec le poste.
- Tester les variantes : arriver deux ou trois mois plus tard, commencer à temps partiel ou avec un contrat court, compter ou non les ventes attendues, et ajouter un choc (des ventes qui reculent la même année) avec un stress-test de trésorerie.
Les erreurs fréquentes
- Raisonner sur le salaire net ou brut au lieu du coût complet.
- Compter les ventes du poste dès le premier mois : prévoyez la montée en charge et les délais d’encaissement.
- Raisonner à l’année : un exercice qui finit bien peut cacher un trou de trois mois en cours de route.
- Oublier le calendrier : une embauche qui tombe en même temps que l’impôt sur les sociétés, une échéance d’emprunt ou une saison creuse pèse double.
- Ignorer les aides : certaines embauches (apprentissage, par exemple) ouvrent droit à des aides qui changent le calcul ; votre expert-comptable ou l’Urssaf vous diront celles en vigueur.
Et si ce n’est pas le moment ?
Si le point bas passe sous votre seuil, vous avez trois options, à tester comme l’embauche elle-même : décaler l’arrivée de quelques mois, alléger le démarrage (temps partiel, contrat court, prestataire), ou financer le creux, à présenter à votre banquier chiffres à l’appui (voir préparer un rendez-vous avec son banquier). Dans les trois cas, la décision se prend sur des chiffres, pas sur une intuition.
Dans Streamiku, une embauche se pose directement sur le prévisionnel tiré de vos comptes : le fichier que votre logiciel comptable exporte suffit. Vous choisissez un poste type, avec un salaire brut indicatif que vous ajustez, et le mois d’arrivée ; les charges patronales sont ajoutées automatiquement. La trésorerie, le résultat, le bilan et la valeur de l’entreprise se recalculent : vous voyez si le point bas reste au-dessus de votre seuil, ce qu’un décalage change, et vous comparez les scénarios côte à côte. Le calcul se fait dans votre navigateur ; essai sans compte.
Questions fréquentes
Comment savoir si je peux embaucher ?
Ajoutez le coût complet du poste (salaire brut, charges patronales, coûts annexes) à votre prévisionnel de trésorerie, mois par mois, à partir du mois d’arrivée. Si le point bas reste au-dessus de votre seuil de sécurité pendant les premiers mois, et si le résultat supporte le poste une fois la personne productive, l’embauche est finançable. Testez aussi une arrivée décalée de deux ou trois mois.
Combien coûte un salarié à l’entreprise ?
Le salaire brut, plus les charges patronales, qui varient avec le niveau de salaire et le statut (allégées près du SMIC, plus lourdes pour un cadre), plus les coûts annexes : part employeur de la mutuelle, titres-restaurant, matériel, recrutement et formation. Le simulateur de l’Urssaf chiffre les charges pour un salaire donné.
Quel chiffre d’affaires faut-il pour payer un salarié ?
Le coût complet du poste divisé par votre taux de marge. Avec 40 % de marge, un poste qui coûte 50 400 € par an demande 126 000 € de ventes supplémentaires, pas 50 400 €.
Quand embaucher son premier salarié ?
Quand le prévisionnel montre que la trésorerie traverse les premiers mois du poste sans passer sous votre seuil de sécurité, et que le temps libéré ou les ventes nouvelles le paieront ensuite. Un temps partiel ou un contrat court permettent de commencer plus tôt avec moins de risque.
Que faire si la trésorerie ne permet pas d’embaucher maintenant ?
Décaler l’arrivée de quelques mois, alléger le démarrage (temps partiel, contrat court, prestataire), ou financer le creux avec sa banque, prévisionnel à l’appui. Chaque option se teste sur le prévisionnel comme l’embauche elle-même.
À lire aussi : le seuil de rentabilité, le stress-test de trésorerie,le prévisionnel de trésorerie, problème de trésorerie : que faire et préparer un rendez-vous avec son banquier.